10.PHOTO ÉROTIQUE./11.TOILE EN SUSPENS.

Le « Café de Paris », avenue Masséna, je voulais encore une fois tuer le temps, si jamais j’y arrive, je serai Atlas, tous ceux qui voudraient que le temps s’arrête, m’aduleront comme un héros (la fin de la beauté plastique et le règne de l’éternelle jeunesse. Et le début des mères nous « chiant » et on a 20 ans). J’ai emmené mon carnet, si l’inspiration décide de frapper à la porte de mon cerveau. L’avenue grouille déjà d’activités, c’est juillet, milieu de matinée, 10 heures environ. Je commande un café, et regarde les passants comme une vache le train, les yeux dans le vague. J’aurai pu descendre sur « La Promenade des Anglais », au bord de mer, pour avoir les yeux dans les vagues, les vraies vagues. D’un autre côte la Méditerranée n’est pas ce qu’elle offre de mieux dans le genre les vagues se brisant sur les falaises d’Etretat ou le grand large de la Rochelle. Juste un camaïeu de bleus. Et en partant de la maison, je voulais un bain de foule. L’avenue donc est plus appropriée. Alors j’étais là, disons-le, à chercher l’inspiration et à «mater » en bon célibataire esseulé.

Que les filles sont belles  à Nice, comme ailleurs certainement. -Bien entendue de jolies « fleurs », il y en a dans toutes les contrées ! Il faut avouer qu’ici au mètre carré, il y en a beaucoup. Et puis il y eu une, plus jolie, « bonne » comme on dit entre mecs. Et je me suis mis à fantasmer. – Voilà ma victime. Une fleur rare, à la corolle bien ouverte, longue tige, le calice moulé satin, se déhanchant façon Marilyn « sur ses aiguilles », sans la grille de la bouche du métro d’un Métropolitain, ou une Bardot dans « Dieu créa la femme » avec les yeux d’Ava Gardner ! Une obsession « siroccopiale »prit mon corps en possession et je sentis en moi revenir le jardinier, qui veut cultiver des roses ou des choux-fleurs. L’engrais monta telle la sève dans un baobab en un soir de lune montante, je croisai les jambes sous la table, normale en pleine terrasse du Café de Paris ! Ceux qui se marrent, c’est ceux à qui c’est déjà arrivé. Je me trompe ?

Il se passa quelque chose de rassurant, pour le célibataire. La dernière fois que ce genre de chose m’est arrivé, ce devait être à la puberté. Une base de mon éducation venait de s’effriter ! Il est aussi fabuleux de constater les métaphores que l’on peut utiliser pour simplement dire :- Qu’elle m’a donné envi de la baiser ! J’affine mon vocabulaire et mon style, si je veux devenir un scribouillard, il faut que j’aie de l’imagination n’est-ce pas ? -De plus, ça « plaît au nase »que je suis, sans pléonasme !

 

11.TOILE EN SUSPENS.

Les mots s’emballaient, il fallait tout se dire, le train allait quitter le quai d’un moment à l’autre.

. -Prends soin de toi !

-Toi aussi !

-Bonne chance ! Bon vent !

-Tu m’appelles, et courage, et puis… Sinon tu finiras tout seul !

Le train s’ébranla sans crier gare ! Ces dernières paroles de Carole, il y dix-sept ans plus tôt, résonnent encore dans mes tympans. Nous savions que c’était un adieu, après plus de cinq années de route, de cohabitation, de rires, de pleurs. Une sœur âme. Ou ma sœur Anne ! J’avais rien vu venir !

Depuis, la sédimentation des souvenirs, a fait son œuvre, mais il reste encore le fossile apparent de ces derniers mots. Un sortilège ! Pourquoi ? Une clef que je dois trouver. Celle de mon bonheur à deux !

Avait-elle entrevu mon goût pour cette solitude, ou bien l’incapacité à vivre avec quelqu’un au-delà d’un certain temps ? A l’époque, je n’ai pas compris, j’étais persuadé que c’est la deuxième suggestion qu’elle avait soulignée, faute de communication sur le sujet. Or c’est la première qui me convient, comme je le dis plus haut. J’ai besoin de plages aménagées où je peux cultiver ma solitude. Un traitement médico-psychologique, qui maintient mon équilibre social. Comme aussi, j’ai besoin les montagnes russes de la vie, pour lutter, comprendre, exister, réaliser, créer : Chaque toile tendue, vierge, ensuite peinte, absorbe et révèle en se catalysant mes états d’âme. Une fois la toile finie, ce qui très rarement le cas, je passe à autre chose. Puis cherchant à gribouiller d’autres toiles blanches, toujours en suspens, dans le prisme coloré des couleurs de la vie, je cherche à meubler le vide. Fixer mille autres couleurs aux anciennes, pour ne représenter parfois que mes propres douleurs en guise de pansement ! –Anne ma sœur Anne, ne voit tu rien venir ? Et je prends le taureau par les cornes, cocu mais content, c’est fini, basta assez ! Tel le phénix renaissant de ses cendres ! Vivre ! Boutons « marche ou crève » de mes tripes, celui des rêves, de l’espoir, des aventures à vivre encore et encore, j’appuis ! Et si seulement c’était propre à moi ? –NON !

Toile en suspens, peinte de mots, encore et toujours de mots. Appelons cela réflexion, jeux de mots, circonlocution, parabole, pléonasme, métaphore, ce sont les couleurs du verbe, de la verve, de la conversation, de la compréhension, de la communication et j’en oublie…Je demeure un aventurier tout-terrain, aventureux amoureux et éternellement Vôtre, Carole !



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