6. 69, LA FRANCE PROFONDE !

Petit village de Chaponost, dans le Lyonnais (69) ! – N’allez pas imaginez autre chose !

Tôt, je suis allé faire le marché pour le week-end. Dans le panier ; du poisson, des légumes frais, du fromage à la coupe, et des fruits de fin saison. Dans un mois, il n’y aura plus que des oranges et des pommes ! J’eus ensuite quelques heures à tuer avant le déjeuner. Je décidais donc de faire une ballade matinale que baignait un soleil hivernal. Je pris la direction de l’église. L’histoire des villages de notre belle France, le passé et le présent, sont inscrits dans les pierres de nos églises. Le style de notre bâtissent dans l’ensemble est romane, mais en s’approchant de plus prés on est frappé de constater qu’elle a quelque chose de baroque et que on peu même y voir des petites meurtrières. -Une église qui aurait fait de la résistance ! Dans quel camp, j’ignore ! J’en fis le tour extérieur, ensuite en général, on tombe sur la mairie et la poste. Là, ce n’est pas le cas. La mairie est de ce qu’il y a de plus vingt -et unième siècle et la poste, je ne sus pas où elle puisse se trouver. Ces deux administrations sont remplacées dans mon circuit touristique par le monument aux morts dédié, à ceux qui sont tombés à la dernière guerre et un bar, dont l’enseigne « Bar de l’église », ne trompe personne, vu qu’une vingtaine de mètres les séparent. Je suis sûr que si le quatorze juillet tombe un dimanche, on y trouverait les anciens combattants de la dernière guerre sortant de la messe dominicale à dix heures, ensuite se recueillant au pied du monument et ensuite à midi, dans le bistrot.

D’ailleurs que pourrait-on faire de plus, que de boire à la santé du petit Jésus et des copains tombés au front ?- Le trigone me paraît « honnête » : L’église, le monument aux morts et le bistrot. Ce serait presque malhonnête de les dissocier. Voilà un plan de ville adapté à la vie de ses citoyens ! Il faudrait être un imbécile pour décentraliser une organisation qui, peut-être a mis trois siècles pour former ce triangle !- l’église certes à elle seule, 2 siècles. -Or, si le bistrot ayant été ouvert après le 31 décembre 2000 à minuit une, nous avons plus de trois siècles !

« -Pardon ? – Vous trouvez que le bistrot n’est pas un monument et…blabla !

-Il n’y a là ni «et» et encore moins mais ! On voit que vous n’y connaissez rien à la région et encore moins à la France. En France le bistrot est un monument ! Allez-vous me dire que « Rat des villes, rat des champs » n’est pas une fable ? Je ne suis pas fabulateur, mais un très bon bistrologue, j’ai derrière moi, bientôt vingt ans de bistrologie. Une étude qui demande beaucoup de réflexions, car voyez-vous, nos grands penseurs du siècle dernier, au quartier de Saint-Germain- des-Prés, pour ne citer que celui là et ne pas m’étendre à ce sujet, se réunissaient où à votre avis ? – Dans des cafés, des bistrots !- Comme les morts aux monuments qui leurs sont destinés ! Les bistrots sont destinés aux vivants ! -Sinon allez mourir ! »

Même dans un patelin où, que vous croyez que c’est le trou du cul du monde, il y a un trou du cul pour vous chier dessus. Tout bien réfléchit, ça c’est normal ! (Rire).

 

Je continue la visite. Autres que, ces monuments que je viens de visiter, les alentours, de ce patelin « trou du cul du monde », sont l’un des greniers de la nation ! –«  Le ventre » ! Ce qui me parait normal, que le ventre se trouve avant le trou du cul ! Ce qui est anormal, c’est qu’on prenne ceux qui sont, et font fonctionner ce ventre, qu’on les prenne pour des trous du cul ! Ce qui se passe en règle générale dans la caboche des trous du cul ! «  –T’avais paskavenir pauv’con ! ». Ce sont les paroles d’un certain sarkogriculteur au salon de l’agriculture. Mémento !

Oui revenons au grenier ! S’étant sur des hectares et des hectares des vergers, des vignes, du blé, du maïs et j’en passe. Il y a aussi des mornes plaines de plaines mornes où règne le morne plat ! Des oiseaux laissent derrière eux, dans le ciel, deux lignes rectilignes et parallèles, dans un bruit qui déchire la campagne silencieuse.

Le froid m’engourdit ici. Le 69 n’est pas ma position géographique préférée. Je préfère de loin celui du Kama sutra. Je vous emmène maintenant dans le 63, voir ma petite sœur, dans le Puy de Dôme. – Il y fait aussi froid, aussi gris, mais la torture ne durera que trois jours. Pas loin de sa crèche, on y fabriquait la fameuse 2cv. –Lempdes. Qu’il faut prononcer comme le produit de la marque Rover ! On peut aussi dire une Land Citroën, pour la 2 pattes ! Vous vous souvenez quand on croisait une verte on se pinçait, et on faisait un vœux. Eh bien je me pince très fort et je fais le vœu de retrouver le soleil des Antilles sous huitaine, mais avant je vais aller remuer ana chronologiquement « le fumier » de mon adolescence, dans le 62, chez mes « génomes », juste un survol. Enfin je vais voir mes parents et dans ce pays froid et tout aussi gris que le lyonnais et le Puy, où les cœurs sont chauds dit-on, me revigoreront mon corps et mon âme.

En fait il n’y a que deux récits de cette époque, deux femmes, que je vais étayer en condensant. C’est une partie plus biographique certainement, ce n’est pas que tous ces récits ne soient pas autobiographiques, mais il y a des notes impersonnelles que je peux immiscer. Or l’adolescence est aussi pour moi une période très confuse, pas rigolote du tout ! Une période néanmoins riche en expériences pour ma vie d’adulte et c’est aussi la découverte de mon homonyme féminin. Ces jeunes femmes furent les rayons de soleil de cette partie de mon existence.



7.ENVOL.

Envol, car bien que j’avais déjà acquis une certaine indépendance, l’embryon parental n’avais été encore coupé. Or cette année là, ce fut fait. Un sentiment confus de liberté, et d’hésitation sur le chemin de la vie adulte, m’accompagnait chaque matin au réveil. En quittant la maison, je n’eus enfin de compte pas tellement le choix, que d’aller m’installer au Touquet ou ses alentours. Après quelques déboires, voir des « galères », je décrochais un bon emploi de commis de cuisine et je pus prendre un bel appartement avec vue sur la mer au Touquet. C’était un appartement avec deux chambres, cuisine à l’américaine, salle à manger avec son petit coin salon et le top, un très grand balcon, donnant sur deux, trois rangées de jeunes sapins, les dunes, la plage immense, puis au loin la mer, donc on entendait le ressac qu’à la marée montante. C’est La Manche, où se rejoignent l’Atlantique et la Mer du Nord. Toujours éventé, d’où la présence des dunettes.

C’est le début du printemps, un doux soleil caresse timidement l’atmosphère. J’eus envi de me faire une ballade à travers les dunes. Enlever le givre de l’hiver qui s’était déposé sur mon âme. Et cela faisait un certain temps que je ne m’étais pas retrouvé seul. L’appartement étant toujours envahit par les copains. Je fis un peu de rangement et je sortis.

Ayant traversé les rangées de sapins, par un petit sentier de chèvre, en face du balcon au premier étage de mon appartement, je me retrouve et c’est là que c’est drôle, exactement à l’endroit où deux ans en arrière, j’étais venu avec Emma. Emma étant un diminutif. Et c’est l’exactitude de l’endroit qui me rappela en son souvenir. Nous étions venus un mercredi matin, nous étions dans la même classe au L.E.H du Touquet. Il faisait beau aussi ce jour là, et main dans la main nous nous étions retrouvés assis sur le flanc abrité du vent sur cette dunette. Nous avions chahuté, et nous nous amusions à dévaler la dune, allongé en roulant sur nous même, de sorte qu’en bas nous nous retrouvions l’un sur l’autre. Jusqu’au moment, essoufflés, nous nous arrêtâmes, pour nous secouer le sable qui vous le savez lorsqu’on se roule dedans. Et je ne sais par quelle alchimie, nous nous sommes retrouvés à faire l’amour. Elle m’offrit sa virginité et ce fut aussi pour moi, une première car celle qui me « la » prit et l’apprit, avait comme on dit ; des heures de vol.

Tu m’as remercié de par la douceur de l’étreinte et des attentions portées. Tu rougissais à chaque regard lorsque nos yeux se croisaient. J’aimais ta timidité et -tes yeux si bleus ! Vingt années se sont écoulées à présent et je te remercie de ton présent. -« Celui ou celle que l’on oublie jamais. » –Any time she goes away !

Révolu ce temps jadis, où les larmes des ruptures amoureuses allaient grossir les eaux tumultueuses de la Manche. Ce furent mes plus belles années de ma vie quand j’y pense…

Adieu Emma.

 

 

a. MOINS QUATRE, PLUS SEPT.En voici le deuxième clin d’œil de cette belle époque. C’est la deuxième année au lycée L.E.H Le Touquet. Je suis interne au cinquième étage de la fameuse tour du lycée qui en fait est le dortoir des pensionnaires garçons et filles. Or la mixité est divisée par deux escaliers partant de la réception, l’entrée. L’escalier de gauche mène aux étages pairs, les garçons, l’escalier de droite, chez les filles ; les étages impairs. Les étages se rejoignant à la base et au neuvième où se trouve le foyer de jeux et de télévision, autorisée le mercredi soir. Les autres jours le foyer est verrouillé par deux portes anti- feu au bout des deux escaliers de chaque étage. R.A.S jusqu’à là ! Sauf ma première histoire d’amour aboutie. Aboutie veut dire ici, avec rapports sexuels. Avant ce n’était que des amourettes.

Je raconte cette histoire car je pense et d’après mes camarades de la chambrée que dans les annales du lycée, elle est unique.

Ella (un pseudo, car maintenant elle doit être mère de famille, mariée et tout le tremblement), est en première année de BEP. Une très jolie rouquine, voluptueuse. Avec une longue crinière tombant sur les reins lorsqu’elle défaisait son chignon ou sa queue de cheval. Les jours ensoleillés, Ella avait les yeux d’un vert irisé de bruns et lorsque le ciel devenait gris et pluvieux, ils devenaient gris clair, irisés de bruns. Ses yeux donc étaient une station météorologique. Son visage n’était point envahi par ces tâches de rousseurs comme on pourrait le croire. La nature avait concentré cette particularité sur ses pommettes et sur ses lèvres charnues. Ce qui lui conférait un charme fou, mise à part ses incisives qui se chevauchaient légèrement. Une femme- enfant gaie et marrante, aimant la vie.

Au bout de deux mois de drague assidue, nous sortîmes ensemble. Je lui écrivais des poèmes, qui finirent par circuler de main en main. J’eus quelques commandes. Je recevais le transit d’amour au « Globe », le bar le plus proche du lycée et le verre bu faisait parti de mes honoraires. Description de l’être aimée, (car l’inverse ne m’inspirais pas), les mots qu’il aimerait lui dire, je prenais quelques notes et je lui remettais son poème selon mon emploi du temps des cours que je suivais, ou je me distrayais ! -Ecrivant ma prose rimée.

Donc voilà, jusqu’au principal le lycée fut au courant de notre amour. Sauf qu’au bout de quelques mois, nous avions envi de l’un et de l’autre. Mais notre situation d’interne, ne nous permettait pas une telle bagatelle. Après longues réflexions sur notre banc en récréation durant une semaine, un matin je lui dis ce soir je te rejoins dans ta chambre. –T’es fou ! Et elle se mit à rire. Nous étions un mardi. R.A.S jusqu’à minuit. A minuit, je me suis levé, j’ai enfilé ma robe de chambre rouge avec les initiales que maman avait brodé en bleu : JFC. J’ai poussé la porte de l’étage qui a couiné un peu, le cœur avait commencé à s’emballer à partir de ce moment. J’ai descendu les quatre étages avec chacun une volée de vingt-deux marches, si je me souviens bien, jusqu’à la réception et j’ai remonté les sept étages du côté impair. J’ai poussé la porte, elle a couiné sur ses gonds, j’ai refermé. -Rien ! Chambre 8 m’avait dit Ella s’en y croire ! J’ouvre, là sans bruit, une porte normale. Neuf filles entrain de dormir. Je m’avance à l’intérieur et dans la semi obscurité je la vis. Je m’approche, je lui donnai un baiser sur son front, elle sursauta, mais j’eus le réflexe de mettre ma main sur sa bouche pour étouffer son cri et lui chuchotais :- Fais-moi une petite place ! J’avais les jambes qui faisaient des claquettes, un froid m’avait envahi. Ella m’ouvrit ses bras et son corps. Nous l’avons vécu durant deux mois, tous les mardis soirs. La deuxième fois, nous faisions l’amour, et je tenais la main de sa meilleure amie, sur le lit d’à côté. La troisième fois, toute la chambrée était au courant, mais il n’eut jamais aucune fuite. Nous avons cessé, car nous nous sommes dit qu’à tenter le diable, on finirait par se faire avoir. Et là nous jouions notre avenir. Moi mon brevet à la fin de l’année scolaire, Ella sa deuxième année. Et puis nous avons pu passer un week-end, par la suite. Je lui avais proposé de faire des extras en service salle. Je travaillais les Week-end avec un ami boucher/traiteur, Daniel Bonnier. Elle dormit donc à la maison. Nous pûmes nous aimer sans stress cette nuit là. -D’après mes souvenirs, nous avions du mal à nous lever, car la nuit fut longue ! Et maman qui me demanda pourquoi ai-je mis le matelas par terre. Elle eut droit à juste un petit sourire. La première fille que je ramenais à la maison !

Il n’empêche que je crois que ce fut la plus grosse montée d’adrénaline de toute ma vie ; ces moins quatre, plus sept étages. Durant l’aventure, nous n’osions imaginer si nous étions pris en flag. Ce qui nous faisait le plus peur c’était vis-à-vis des familles. Une forme de déshonneur. Mais de l’avenir professionnel, je m’en foutais, Ella aussi je pense. Le plus drôle c’est qu’en septembre de la rentrée, je voulais continuer en BTH, à la seule condition que je puisse prendre une chambre en ville, mais Papa me répondit que je ne songerai qu’aux filles au détriment de mes études. – Papa ;- t’apprends tout avec les filles, sauf à enfanter ! Derrière chaque « Grand homme » il y a une femme, n’est ce pas l’avis populaire ?

A quarante ans, je suis comme un jeune de vingt-cinq ans, sexuellement, sentimentalement, et mes diplômes ne servent à rien (salaire) ! Pourtant là, il y a vingt ans d’expérience !

Merci à « Ella » pour cette belle histoire, merci à mes frères et mes sœurs de « sang » de la cuvée 84/86 du LEH Le TOUQUET. Surtout à carole, la frangine, Nanou la p’tite frangine, Phil. Dit Crabouif, l’ami, Fred, mon jumeau. -Un coucou à Muriel et les « enduros des sables » du Touquet.



8.UN BOUT D’ITALIE…

C’est après une saison estivale en restauration, à Antibes que je vécus cette mésaventure expérimentale. Un séjour gravé dans ma mémoire, mon existence. Une frontière entre le paradis et l’enfer. Par orgueil de prouver à mes parents que je pouvais voler de mes propres ailes après mes conditions avortées, de poursuivre mes études en fin du BEP. La décision paternelle fut sans appel. Internat ou rien, -tu joues ton avenir !- Je suis allé bosser !

Durant ma saison, je fis la connaissance d’un belge. –Dominique. Un baba routard joueur de flûte traversière. Nous nous lions d’amitié. Un garçon gai et cultivé avec dix années plus que moi. La « saison » finie, à la mi- septembre, je pris un appartement sur Antibes. Par hasard je le recroisais, engageâmes la conversation et il me raconte sa vie de troubadour, de baba, de «galérien », je lui proposais de venir après ses tournées musicales de venir dormir chez moi, au lieu de dormir à la belle étoile. Il accepta, moyennant qu’un jour sur deux il fasse les approvisionnements. Pour ce qui me concerne, je cherchais une place à l’année. Ce qui ne fut pas facile. Entre temps Carole, la frangine était passée et repartie. J’ai pu jobber chez des amis qui avait une crêperie. Mais la famine fut venue vers la fin octobre, début novembre.

Dominique me dit que lui il a investi dans un petit bateau, un « cap corse » de 6.50m. Par contre il y avait du boulot car il était en cale sèche à Cannes- la- Bocca. Allons-y, il devait rester deux milles francs encore. Je rendais l’appartement et nous allâmes nous installer sur un autre bateau en cale sèche, à côté du nôtre, dans la zone industrielle à côté de l’aéroport. La « manche » ne rapportait plus guère, l’hiver arrivait glacial. Nous ne mangions plus que des œufs crus, battus avec des épices, dans lesquels nous trempions du pain beurré. Et cela depuis quelques semaines. Jusqu’à ce qu’il n’y avait plus de beurre non plus. Pour moi ça commençait à devenir dure. Je peux me priver, mais il y a des limites. Je lui confiais que s’il n’y a pas une solution de rechange, je rentrais à la maison. -Tant pis pour mon ego et mon orgueil !

C’est ainsi qu’il me suggérait de passer l’hiver en Italie où il est déjà allé. Il appela une de ses ex petites amies pour nous accompagner, car sinon nous n’aurions pas passé la frontière. Je veux bien le croire surtout à la vue de sa dégaine. –Propre mais voilà ! Au contrôle elle avait déclaré qu’elle nous invitait chez elle. Ce qui était juste car nous passâmes la nuit de l’arrivée chez les ritals en sa demeure parentale. Au matin nous avions eu droit au petit déjeuner et elle nous a, gentiment poussé dehors. Nous avions donc, pris le train de La Spezia en passant par Firenze jusqu’à Pistoia. A Pistoia, un rafiot à quatre roues jusqu’à San Pellegrino DEL Cassero. Arrivé là, Dominique sans rien me dire était entré dans une boucherie, d’après ce que j’avais aperçu à travers une vitrine embuée et été ressorti avec une couenne avec de la graisse dessus, blanche comme la neige, deux minutes plus tard. –Tu aurais pu prendre avec aussi un peu de viande dessus lui ai-je dit. Avec sa bonne humeur et moi ma mauvaise nous avions frotté nos pompes. Pour imperméabiliser m’a-t-il dit Ensuite à pied à travers un sentier balisé de montagne jusqu’à Gran Burrone. A l’entrée de la piste, je me suis écarté un peu des traces de Dominique, et me suis enfoncé dans la poudreuse jusqu’à la taille avec le sac à dos et tout le barda que je transportais. -J’étais fou de rage, Dominique mort de rire ! L’aventure s’est l’aventure me dit-il ! –Pauv’con je lui rétorquais. Il était toujours plié de rire. – Viens m’aider andouille ! Il avait rebroussé chemin et m’a sorti de là. Nous avons repris notre ascension. Deux bonnes heures pour arriver au lieu dit qui allait devenir un peu ma «  cage » durant presque cinq mois.

 

« Or durant le trajet je fredonnais le « Sud », Nicole Croisilles/ -On dirait le sud, en Italie papapam, papapam à des millions d’années. Fugain chantait l’autoroute du soleil : Ils se sont dit oui sur le bord du chemin, sur la -routeu des vacan-ces ! Renaud nous faisait le remake de la lettre de Vian/ – Monsieur le président, je vous fais une bafouille, Que vous lirez sûrement si vous avez des couilles ! Et la copine de Cabrel faisait pousser des fleurs et des galipettes sur un tapis indien ! Avec des tubes d’été de ce genre, que crachait la radio à longueur de la sainte journée, comment voulez-vous que notre jeunesse ne soit pas perturbée ? -Même dans la tête d’un morveux comme moi avec une bonne éducation de bonne famille !

D’ailleurs d’après mes lectures actuelles de cette époque, je constate que c’est bien la bonne bourgeoisie qui engendra ces années là, la pire engeance anti-bourgeoise. Encore un paradoxe. -Epoque où Sarkozy « aurait fait » le pourcentage des voix de Le Pen aux dernières élections ! A moins qu’il eut dit qu’il allait kärchériser la bourgeoisie ! D’un autre côté lorsqu’on regarde Ségolène, ce n’est pas la fille débourgeoisant, d’un bourgeois. Ceux-là sont restés dans les rails, même s’ils s’en sont collés plein le nez !

 

Des chiens aboyèrent, on arrive dit Dominique. Et puis je ne l’ai pas encore dit, mais j’ai un chien que m’offrit une petite gitane de 12 ans, car son père frappait le chien, qu’elle avait appelé Bobby. Elle voulait d’abord me le vendre, mais comme nous étions « rac », je lui ai disserté un truc comme quoi, -on ne vent pas un ami. Elle me le céda en larmes et je lui promis d’en prendre soin et conserver son nom de baptême. Bobby fila en direction des aboiements. Dans l’obscurité nous avons aperçu une lueur de chandelle. Quelqu’un était sorti pour voir qui arrivait. Dominique s’est présenté, j’étais à la traîne, lorsque j’eu franchis à mon tour la seule porte éclairée, Dominique était déjà assis, attablé avec une quinzaine de gars et de donzelles, et aussi un gosse d’environ 6 ans. La pièce sentait le minestrone, paraffine des bougies et le feu de bois. L’accueil fut chaleureux comme la pièce qui était nommé « la salla communa » ; la salle à manger. Il y avait des babas, des beatniks, des hippies, des « ardéchois » autour d’une grande table entourée de bancs. Dominique m’a présenté, accolades, serrages de mains, bises, à chacun sa manière. Ensuite une bouteille de tord boyau typiquement italien fut ouvert et circula à la régalade. Le shit grésilla au dessus d’une flamme de bougie. Je demandais poliment avec mon meilleur français si je pouvais me réchauffer prés de l’âtre ou était suspendu à une crémaillère un chaudron d’où venait l’odeur du minestrone. Je ne sais ce que Dominique leur a dit en italien, mais tout le monde s’était mis à rire. Mais d’après l’attention qu’ils m’avaient porté, à la suite de la rigolade, je compris que ce devait être gentillet. Réchauffé, séché, on me fit une petite place à côté du petit couple de français avec leur petit garçon. Mes tensions étaient retombées. Le vin, et le joint aidant la conversation allait bon train autour de la tablée. Le minestrone fut servi. Il me sembla que ce fut la meilleure soupe de toute ma vie. Il eu la veillée, avec une sorte d’eau de vie, et la farandole de pétards. La fatigue se fit sentir, certains étaient déjà partis se coucher. Je demander toujours avec politesse si je pouvais rejoindre Morphée et où. Dominique aussi en profitait pour aller se coucher. Les derniers n’allaient pas tarder.

Muni d’une bougie, Dominique m’avait entraîné dans un bâtiment annexe perpendiculaire à la salla communa, à l’étage. Le dortoir des passagers. Une pièce d’une quinzaine de mètres carrés, barrée en son centre d’une longue poutre, sur toute la longueur. Dont sur une moitié recouverte de feuilles de fougères séchées. Trop fatigué pour râler. J’ai regardé Dominique d’un air interrogateur : -On fait comment là ? -Et bien, tu sors tous tes fringues, tu fais un matelas sur lequel tu mets ton sac de couchage et tu gardes tes fringues sur toi, car la nuit il fait entre moins cinq à moins dix, il n’y a pas de vitre à la fenêtre ! –C’est gai ! J’ai exécuté ses recommandations, exténué j’ai sombré au sommeil. Demain il fera jour !

 

Fort de cette expérience, je suis rentré la queue basse chez mes parents, cinq mois plus tard et il me tardait, en avril avec la fonte des neiges. Faire pousser les chèvres, fabriquer des bijoux, faire ses fromages et du pain avec de la farine de châtaigne, manger végétarien, s’éclairer à la bougie, se chauffer au bois, n’étaient pas faits pour moi. -J’avais besoin d’une bonne douche chaude, et un bon lit ! Aujourd’hui je serais subventionné pour un projet dit de « développement durable »…



9. J’ VEUX FAIRE LE TOUR DU MONDE !

 

Au retour d’Italie, trois mois plus tard, mon père me confit que leur maison n’est pas un hôtel, conséquence de mon mode de vie. Avec le recul, mes parents ont eu raison. « -Je rentrais le vendredi soir du Touquet, me faire laver mon linge de la semaine, travailler avec mon ami Daniel dont je vous en ai parlé et repartais pour le Touquet durant la semaine pour faire la fête. »

J’ai dit OK ! – Laisse-moi dix minutes et je suis parti. A partir de ce jour je crois que je 15 ans s’écouleront avant que je revienne à la maison familiale. Ooh, ce n’est pas que je ne veux plus revoir mes parents ou l’inverse, non ! Juste que mon père me fit comprendre qu’il était temps, de vraiment de voler de mes propre ailes. C’est tout à leur honneur, bien que ce ne soit pas une décision facile à prendre pour des parents. C’est ça aussi la vie. J’allais donc m’installer chez des copains pour commencer le temps de chercher un travaille à temps plein et de pouvoir louer un appartement. C’est à cette période l’appartement prés des dunes au Touquet avec le balcon en face de mon aventure amoureuse avec Emma.

J’y suis resté un peu plus de deux ans. Avec Fred mon frangin, Carole la frangine, Crabouif et les autres ce fut la belle époque ! Des galères aussi. Caro qui voulait rester sur le carreau ! –Avec toute une boîte de tranxène. C’était noël avec une boîte de sardine, sans les oranges ! Mais du teuch à gogo, des psylos, des buvards d’acide, l’expérience du shoot à l’héro, l’alcool et j’en passe. Tout était bon pour se défoncer la tête durant la nuit et la journée boulot. Je n’ai jamais manqué mon boulot parce que je me défonçais la nuit comme font les jeunes maintenant. Jamais au grand jamais ! Par respect de la famille et de nous même.

Les jeunes de maintenant n’on plus cette fierté. La société si belle soit elle, a réussi à les abrutir, à leurs enlever le peu de cerveau qu’ils possèdent, à les animaliser. On appelle cela la tolérance car la vie est dure ! Alors qu’elle n’est pas plus dure qu’avant et ne sera pas plus dure que maintenant ! Des peigne-culs élevant des bestiaux, merci madame Dolto. Or, ces mêmes péquenots en font l’éloge. C’est de sa faute ?- Ce n’est pas ce que je veux dire, parce que ce sont ses lecteurs qui n’ont pas trouvé le juste milieu. Ce qui justement est le cas dans divers domaines de notre société. Je me dis que parfois les « illuminés » feraient mieux de fermer leur gueule ou de se casser un bras pour ne rien écrire ! Un gosse à éduquer, é-DU-quer, c’est du cas par cas. Maintenant on «  élève », des gosses et on éduque la vache, le cochon et Gédéon l’oie ! Je me suis égaré un peu, mais…- je reste poli !

Je découvris aussi le bouleversement social, professionnel, la manipulation, le mensonge, l’esclavage « moderne », là aussi l’esclavage c’est de l’esclavage ! E fait j’en avais plein le cul de patrie ! Et je me décidais à faire le tour du monde. Pas en 80 jours comme Phileas Fogg, mais y consacrer toute ma vie, de pays en pays de travail en travail, jusqu’à à boucler la boucle en Inde. Par contre la première destination devait être une destination où on l’on parle français. C’est ainsi qu’à Orly lorsque je débarque une semaine plus tard après ma prise de décision, la petite hôtesse d’AIR FRANCE, me dit qu’il y a un vol dans moins d’une heure pour la Martinique. J’en avais entendu parler, mais incapable de dire où s’était. Je savais que c’était loin.

En descendant de l’avion, j’ai embrassé le tarmac, comme j’aurai embrassé les pieds d’une divinité. J’ai demandé asile du sol. Voilà maintenant vingt ans !

Terre d’asile ? – Certes ! Mais je ne serais jamais chez moi ! Ce peuple peut vous sucer jusqu’à la moëlle, sans jamais vous adopter réellement. Il n’y a que votre pognon qu’ils adoptent sans formalités. Et les générations actuelles sont pires que leurs aînés.

Ils ne pardonneront jamais d’être arrivé ici en galère. Ils vous feront galérer, jusqu’à la nuit des temps ! La « négritude que Césaire n’a pas développé ou n’a pas avoué. Pourquoi sinon un parti indépendantiste ? E lorsqu’ils sont progressistes c’est le monde entier qu’ils veulent coloniser. On ne s’en aperçoit pas lorsqu’on y vient en vacances.

Je ne suis pas illuminé, simplement réaliste et en dix huit ans on a le temps de se faire une idée précise. J’avoue que j’ai tout de même une «  qualité de vie » nettement meilleure qu’en Métropole. Mais c’est que je travaille très dure pour payer ma dose solaire. Alors que l’air, la pluie, le soleil est à tous les habitant de la Terre ! Je ne serais tout du moins pas surpris si, on me faisait un jour payer l’air que je respire et l’eau que je bois. Sinon que c’est déjà fait ! Ce monde inaugurera le suicide de masse. Le génocide passif. Et nous crierons en chœur :- Alléluia ! – Face à l’avidité mercantile, nuls dieux ne résisteront. La seule terre promise d’un homme est, le ventre de sa mère. Le destin est comme le vent capricieux. Je suis en Guadeloupe à présent. Mais je vais vous conter ce qui aurait pu devenir pour moi un bout de paradis terrestre, la Martinique (Terre de Pandore).

 

 

10. LA JEANNE.La Jeanne, la Marie- Jeanne, la Juanita, la marijuana, la grass, la «Bonne», les herbes de Provence, du t’en veux, et bien d’autres qualificatifs, j’en passe. Dans la version initiale, j’ai voulu faire une parodie de « Les paradis artificiels » de notre cher Baudelaire. -Pas terrible du tout ! Je ne devais pas être très bien ce jour là ! Ou j’ai dû glisser sur la moquette et je me suis bien affalé. Heureusement que quelques années ont passé et que ce manuscrit est resté à l’ombre. Sérieusement cette fois-ci, d’ailleurs il valait mieux pour l’ensemble. En fait ce devait être sur la lignée résiduelle de mon expérience chez les Babas. Donc j’avais fais pousser mon premier plant de « gandja » ! Ma plantation de chanvre indien. Je vous cite quelques phrases. « -Elle prend racine sur ma terrasse, en sirotant son aqualung ! » ou bien :-Une belle plante, qui à la noce sera bien roulée et déjà, je songe à son effeuillage jusqu’à la fumance en cette nuit de fête ! Et encore cette dernière : -Prend des forces ma Jeanne jusqu’à ce jour qui te sera fatidique où tu disparaîtras en de volutes bleutées, m’abandonnant à mes rêves artificiels et imaginaires ! Ce sont les meilleurs extraits de cette parodie à trois balles. Une phrase par balle ! (Rires, tout seul). Il ne manquerait plus que je sois sérieux !

Je ne consomme plus ce genre de produit, qu’on trouve presque au coin de rue ici aux Antilles. J’aère mon cerveau, mes neurones. Le piège est là. On pense s’évader, c’est un peu vrai, mais quotidiennement, c’est l’enfermement comme un drogué « à la dure », un alcoolique. Puis avec les greffes effectuées, les trafiquants ont obtenu des synthèses de plus en plus forts. Ça défonce un éléphant sans défenses ! Ne rigolez pas, c’est vrai ! Pour s’évader, je vais vous dire, il n’y a rien de mieux qu’un bon vin et une jolie femme !

Mais voilà c’était une des «  bonnes » ambiances à l’arrivée à la Martinique. Les veillées sur la plage de «l’Anse Mitan » dans la commune des « Trois Ilets » au son du « Gwo Ka », on dansait autour d’un feu où grillait des poissons et du fruit à pain, le tout arrosé de ti punch, ou de la bière « Lorraine », jusqu’à l’aube ! J’ai vécu ces années là, comme un Robinson des temps modernes. Une joie tropicale s’était emparée de ma vie, balayant le côté «métropolitude », c’est-à-dire ; métro, dodo, boulot. Et quelques mois plus, je rencontrai ma Doudou, qui devint la mère de mon fils. Mon tour du monde allait provisoirement et je l’espère s’arrêter au cœur des Petites Antilles…

Bon ! Toi aussi,- adieu Jeanne.



11. L’AUTRE PARADIS.

 

L’autre paradis, c’est aussi «Elles», les femmes de ma vie. Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, c’est le premier paradis et sur la marche la plus haute de l’échelle des paradis selon ma pomme, sont les femmes. Je vous l’accorde si paradis il y a, il a donc aussi l’enfer !-On dirait que certains « bonshommes » se sentent compris et soulagés ! -Pour rire ! Je l’ai piqué à Lapalisse !-Qu’est-il devenu avec ses vérités ? Je me le demande !

Elles restent, comme je l’ai dit sur la plus haute marche pavée de mon paradis, néanmoins. Même lorsqu’elles envahissent mon espace vitale, mon cœur, mon corps, mon esprit,- amen ! Même lorsqu’elles tapinent dans mon paradis. Dans votre langage cela voudrait dire qu’elles vous cocufient. Je dis qu’elles cherchent d’autres plaisirs. Ce qui est dérangeant c’est lorsqu’elles confondent ma pomme d’amour avec les glands du voisin ou de mon meilleur copain ! -J’ai bien dit dérangeant.

Donc voilà, c’était mon deuxième paradis d’où j’allais me faire chasser d’un jour à l’autre. Qu’importe l’arbre était à nu et plus aucune pomme, à aucune branche! Période post-mortem de notre amour ! Donc Dieu pouvait faire à sa tête. Le destin sera clément. C’est une description du faire-part « rupturel ».

Assis sur le canapé. Je regardais distraitement la télévision. Elle, Soise, ses amis, une bande d’hypocrites à mon humble avis, l’appelaient Fanfan. Je ne sais pas s’ils lui mettaient la tulipe dans son fondement. Bref, elle était assise à côté car nous venions d’avoir une discussion, et chialait tout doucement. Ça aussi j’aime cela chez les femmes. Elles vous disent qu’elles vous quittent, ensuite elles pleurent. Je trouve ces instants beaux, émouvants, romantiques, inoubliables. -C’est drôlement beau une femme qui pleure. Elle arrose le pommier de l’Eden.

Entre les larmes, elle murmurait des mots à peine audibles. On aurait dit que ce n’était que la partie visible de l’iceberg. Que sa pudeur ne l’autorisait pas à déverser la tonne de flots, mais juste un ru dévalait de ses paupières.

Sur le billot de l’amour, c’est moi qui fus condamné à m’arracher le cœur. Ce pays, cette île n’était pas faite pour elle m’avoua-t-elle. Elle faisait de la restauration, mais ce n’était pas son créneau ? Soise voulait s’occuper des enfants. Peut-on réfréner une si noble cause ? Elle s’envola un mois plus tard. Merci à toi d’avoir fait un morceau de route ensemble. Nous nous écrivîmes un certain temps et puis… Adieu Soise !

 

 

12.LA LETTRE DE SAM.

Un moment donné de notre vie, je crois que nous souhaitons se voir réalisés, nos espoirs, nos rêves, une sorte d’avènement des fruits que nous semons tout au long de notre vie. Qu’importe les projets escamotés, les irréalisations, les « pas-arrivés-au-but ». L’amour, l’espoir, la persévérance, sont aussi concrets. Qu’importe ce que nous fûmes, ce que nous serons ; l’important c’est que nous sommes disent les «Grands hommes », je crois…

Ce matin là, dans la boîte aux lettres, une lettre parmi les prospectus. Qui m’écrit ? Je découvris avec une certaine émotion une lettre de Sam. Sam avait vécu quelques temps à la maison. Je peux le dire nous avons fais qu’une seule fois l’amour, mais nous dormions ensemble. C’était plus ma petite sœur, elle était très jeune, compliquée. Mais n’altérait en rien ma petite vie de célibataire. Jusqu’au jour elle aussi s’en fut allée avec un jeune militaire. En voici un petit morceau du passage de la missive : « -Tu as été pour moi ; un frère, un père et l’amant… » C’est drôle elle était sortie de ma tête et voilà par l’interposition de ce courrier, elle me fait le plus beau compliment de toute ma vie. Moi qui jusqu’à là doutais de ma propre présence sur cette terre, de quelconque utilité pour mon prochain. Elle brossa tous ces doutes en quelques phrases.

Je suis capable donc d’humanité, de sentiments, voilà ce que cette lettre voulait dire. Mais je t’avoue Sam, nous n’avons été que nous même, et les situations qui se sont présentées, nous les avons écrites ensemble. C’est tout simplement la normalité dont la vie t’a tant éloigné jeune fille ! En ce qui me concerne, j’espère rester en corrélation avec mes idéaux, mes convictions, mes sentiments. Comme chante si bien Pagny : « Mais vous n’aurez pas ma liberté de penser ». -Et grâce à toi Sam, je suis à présent massivement armé ! Des armes à l’échelle humaniste, humaines, de constructions massives… Adieu Sam…

 

 

13.BASHUNA.

Un nuageux éléphant s’étire sur la voûte céleste qui dans quelques instants après se disloquera en formant d’autres monstres ouatés qui défileront à leur tour, au gré des vents. Sous les tropiques la lune et le soleil, par ciel dégagé, fricotent en pleine journée. Les vagues cassées par les coques du catamaran se transforment, en embruns qui viennent me rafraîchir le visage. Un temps idéale pour la nav’ comme disent les marins. C’est mon heure de pilotage. Certes la barre demande une certaine vigilance, mais laisse pas mal de temps à la rêverie.

Sur le roof, Jérémie et Flo. Ça me fait penser à une aventure à la Corto Maltèse de H. Pratt. – « Sous les tropiques du Capricorne ». Flo ma frangine, dans le rôle de Soledad, Jérémie, mon fils dans le rôle d’un indien Caraïbe, et moi Corto, le skipper qui ronfle à présent Gérard, dans le rôle du professeur Steiner. En fait il n’est nul besoin de cette distribution burlesque des rôles, chacun jouant son personnage, dans le film de sa propre vie.

Mise à part mon côté « éternel gamin», mon cœur est empli d’un bonheur mûr d’une responsabilité d’avoir à bord, sur cette coquille de noix au milieu de la mer Caraïbe, mes deux êtres les plus chers.

Au milieu de cette cité aquatique, capricieuse, le temps s’arrête, tout au moins entre le lever et le coucher du soleil. Le reste est régit par les repas, l’envie de dormir ou de faire ses besoins. « Steiner » se réveille, nous approchons de Sainte-Lucie, si sainte soit-elle ! L’astre d’or devient rougeoyant. Première escale à Marigot Bay. Les voiles gonflées sous la caresse des alizés s’affalèrent. Le ciel se pare d’une robe en taffetas ouateuse aux couleurs d’arc-en ciel, dominance cyan et magenta sur un fond anthracite. Ce soir la Lune ira danser, ronde, lumineuse, dans sa robe or et bleu/ nuit, de mariée, parée de milliers d’étoiles scintillantes.

D’après «  Steiner » si nous entrons dans le mouillage de la baie avant que le soleil ne disparaisse/ tel un couteau. -« Quand le soleil descend à Down Town » chante Lavilliers. Et bien, nous verrons un des plus beaux couchers du soleil de notre vie. Ce fut le cas.L’entrée du mouillage de Marigot Bay, forme deux petits caps artificiels de face à face, un cercle ouvert, laissant la place de se croiser deux bateaux et à l’instant où nous franchissons ces deux pointes, un disque parfait rouge et or s’enfonce, lentement sur l’horizon en y laissant une fraction de seconde à nos yeux émerveillés le fameux « rayon vert ».-Dieu que c’est beau ! Les sillages de la double coque fermèrent, tel une gueule de congre, le spectacle. J’entends :- Corto lâches l’ancre ! -Demain, cap sur Saint- Vincent, si saint il fut ! Ensuite l’archipel des Grenadines ! Si la Grosse Nadine nous n’inonde pas les cales en pissant ! –Et «  si Dieu veut », comme on a l’habitude de dire à tout propos en Martinique ou à la Guadeloupe. Ce soir là, avant de s’endormir, ces noms d’îles chantèrent dans ma calebasse cérébrale/ Canouan, Tobago Keys, Béquia, Mustique, Mayreau et tant d’autres encore !

Je ne sais pourquoi, -en fait si ! J’ai pris le quart, à la barre, la mer est calme et les alizés favorables. Mon regard se posa sur ma « petite famille » sur le filet tendu à la proue. Et l’esprit dans son dédale arriva à en ton souvenir. Est-ce la blondeur de Flo, certainement, et qu’elle soit aussi ma sœur, celle que tu fus. Certes mon aînée.

« Je me souviens, quand nous allions chercher dans les jarres en terre cuite, l’eau du puits. Parfois tris fois par jour. Une pompe à bras à environ un kilomètres de la maison. La grande jarre pour toi, et une cruche pour moi. Tu me disais souvent deux choses durant ces travaux domestiques et cette marche corvéable. La première chose ne jamais prendre le même chemin à l’aller et au retour, et la deuxième chose :-Ecoutes le vent, le vent nous parle ! N’était-ce pas pour aussi dissiper mes babillages infantiles ? Là aux Iles sous les Vents et même ordinairement, j’ai suivi ton conseil. -J’écoute les vents, tous les vents, sont devenus mes messagers intimes, secrets.

Tu aurais aimé ce voyage. Pourquoi l’écrire au passé, vu que là où tu te trouves tu es devenue et je suis convaincu, omnipotent, surtout dans ma propre vie, -tu es mon ange gardien. Je suis convaincu que tu ne t’es jamais désobligée de ta tâche de grande sœur qui te fut confié. – Sélénah m’en voulût, car je ne fus nullement attristé de ta disparition ou si peu. Pour moi tu étais là, sauf que je ne te voyais plus, mais va expliquer ça à maman. Papa lui a foutu le camp, juste quelques jours après ton enterrement, ton incinération pour être juste, pour noyer son chagrin sur les routes. C’est sûr Joth quitta la maison. Du moins je le suppose aujourd’hui. Sélénah, elle, elle chialait tous les jours. J’écrierai un jour la bio, tu m’aideras à travers les vents, chuchotant dans mes oreilles.

Il n’empêche que j’aimerais que tu sois là en chair et en os. –Au pied de cet autel de Shiva, en terre battue, sont restés mes souvenirs avec toi Baba !

Et puis cette question qui me revient trente deux ans écoulés, lorsque tu traverses mon esprit. –Pourquoi toi ? Que s’est-il passé ce soir là, à ce mariage, tout le village réunit, où tout bascula ? Je me souviens qu’échappant à ta vigilance et celle de Sélénah, toutes deux occupées aux préparatifs avec les autres femmes et jeunes filles du village, deux de mes amis m’accostant et proposant d’aller voir prés du temple de Kali si il y avait des tigres qui rôdaient. Nous nous sommes absentés environ une bonne heure. Nous ne menions pas large arrivé au temple de Kali. Mais passons ! Je me souviens aussi que tu devais danser avec d’autres jeunes filles, vous aviez répété durant un mois. Et puis Tu as eu un mal de ventre, tu es rentrée, au désespoir de maman, et deux jours plus tard sous une fièvre à tuer un cheval, tu t’en es allée… Au revoir,- Bashuna mon Amour, dans l’autre monde, l’autre paradis. Si paradis, il y a…



14. ANTIQUE VIE DU CIEL.

Corto le Bengali, scrute le ciel, pour voir si les dieux sont favorables. Mais ne vit que des bizarreries de toutes sortes. A commencer les figurines nuageuses trichromes qu’animent la lumière du dieu Râ et le souffle respiratoire d’Eole. En ce qui concerne le sponsoring de notre promenade en voile, «* Li ka domi ! », parce qu’on se tape une pétole. Neptune le représentant des sports de glisse aquatique «* Ka bat’ Douss ». Vulcain dit l’Héphaïstos parce qu’il est grec, un peu pédé sur les bords. Il est le représentant éternel des sports de tir (sauf de tir au lit, de tyrolienne). Par contre, le tir à la volée que ça ne m’étonnerait point. Lucifer en personne !-Monsieur Mars « et ça repart », coache les arts martiaux. Macho émasculé par un minot, qui n’avait pas eu forcément tord, parce qu’il avait piqué sa meuf. D’où maintenant son surnom de minotaures. Et mars est devenu un eunuque ! Apollon, représentant olympien des sports de lancer ; disque, javelot, marteau et paraît-il de gonzesses. D’après enquête du comité, c’est qu’il en change souvent de nanas et quand il se dope un peu, il lui arrive d’être comme par exemple Tison. Elles volent quand il leur met une baigne. Circonstances atténuantes pour un sportif de haut niveau : -Il s’entraîne.

Cette année, la participation olympique du char à voile, dont le représentant est Ulysse le cocu. La raison que Pénélope a donnée, c’était il y a quatre ans, c’est dans un char à putes, que se trouvait son chéri. –Trop de putes et je n’ai pas vu de char déclara-t-elle. On se demande qu’est-ce qui lui passait dessus au même moment ou par la tête, n’est-ce pas Nelson ? – O yes, she has been fucking ! » –Je ne vous ai pas demandé sa vie privée Nelson ! Une grande personnalité de notre comité olympique ! Ah tenez Nelson présentez- nous, cette ravissante jeune femme, qui vient de fêter ses vingt deux mille ans à la cafétéria divine et olympique ».

- Oui Michel ! Ladies and Gentlemen, je vous présente, l’attelage royal avec ses six chevaux blancs que nous a prêté la Queen, de l’Angle de Terre, arrivé dans sa robe féerique, tissée de rayons de soleil tout spécialement for her : -Junon ! Je crois Michel que and sorry, j’ai une érection ! Votre progrès en anglais Nelson est considérable, nous rendons l’antenne et excusez-nous encore pour cet incident, ce sont les aléas du direct.

- Celui qui carbure au cognac(Jay) bien sûr c’est Zeus en personne, le Berlusconi, il télévise tout, affalé sur son canapé de foudre, avec ses tâches de foutre séché, de bouffe et tout le tremblement du crado.- Passons c’est dieu tout puissant ! Nous pourrons voir dans un making-off, le petit souci de notre cher Nelson ou dans un bêtisier.

– Derrière le char de Junon, Diane et ses pom-pom girls de toutes les nations présentes, défilent en levant haut les cuisses, le string des jeunes filles étant sponsorisé par les lingeries « Victoria Secret’s ». Chacun sait ici, qu’elle est plus penchée sur les questions de « pécheresse, que chasseresse ». Bref, ne soyons pas des Hommes jaloux ! Certes elle est très bonne, comme dirait la confiture ! A moins que ce soit la confiture qui soit bonne !

Alors un rayon vert balaya le stade aquatique, le projecteur solaire disparut, les nuages s’effilochèrent peu à peu. Et moi Corto (petit), con, et bengali je ne compris rien à cet Odyssée.

Nous arrivions au mouillage de Canouan, lorsque je fus projeté de mes nues sur le pont du catamaran, avec un grand sourire à la Simplet de Blanche Neige et j’applaudis comme un jouet mécanique avec une pile « Duracell » dans mon fondement. Inusable ou incorrigible ! Or je fus témoin de la corruption des Jeux Olympiques divines, qui n’ont d’ailleurs rien à envier aux nôtres de jeux et à nos élus non plus ! Que puis-je faire moi, pauvre mortel… Allez Tchao !

(*) Il dort

(*)Il se branle !



15. RATEAU DE LA SAINT-VALENTIN.

De brefs instants volés, un baiser envoyé au creux d’une main, une caresse attentionnée, un mot doux, un regard complice, malicieux, un sourire encourageant, un geste entendu, partage d’un petit secret, nuit dite inoubliable, journée en famille, un rayon de soleil, un clair de lune, un bout de plage, l’ombre d’un arbre, la chanson d’une brise, un air dit oublié, un livre, un poème, un tic, un tabou, la phrase philosophique préférée, les autres. Tout cela m’évoque l’amour. Où le fil d’Ariane qui nous conduit à l’amour. Ce n’est guère qu’une liste exhaustive de mon cru. Et je n’ai nul doute qu’on pourrait faire un volume de plusieurs centaines de pages, dans toutes les langues du monde. Il me plairait de le faire un jour par exemple ! Trêve de «bavassage». Le plus important en amour c’est tout de même l’autre. Soyons open de l’esprit, et accordons le choix des sexes, pourvu qu’il y ait de l’amour, n’est-ce pas ?

C’est la Saint-Valentin, si saint fut-il. -Vous connaissez maintenant la chanson ! Et pour l’occasion j’avais réservé une bonne table, et fait mettre une bouteille de champagne, au nom d’une veuve buvable, si nous ne parlons pas de son caractère qui sûrement devait lui être imbuvables ; Je suppose que sinon elle ne serait pas devenue veuve. –Pauvre homme ! –N’en parlons pas de sa belle-mère, voulez-vous ! Enfin tout était prévu dans les moindres détails. J’avais aussi prévu une petite bague en or, dans son écrin, que j’avais glissé, vide dans la serviette, déposé sur l’assiette d’attente. J’avais espéré que rien qu’en voyant la boîte, elle se serait jetée à mon cou pour m’embrasser. Donc je m’étais préparé à avoir le bijou dans la bouche au moment du baiser. Que j’aurais poussé bien baveuse dans sa bouche. -Beurk !

Tout bien réfléchit, les voies de l’amour ne sont-elles pas justement baveuses et glissantes ? Mais voilà, elle ne vint pas ! Un râteau à la Saint-Valentin ! Mon ego prit un sacré coup. Figurez- vous qu’à force d’attendre, j’étais saoul. J’ai commandé mon repas pour éponger, et me suis pris à la place de la Veuve, un bon Bourgogne, et je me suis aimé ! Je suis tombé amoureux de moi-même. Je me suis passé la bague au doigt, c’est pour vous dire. Ne faut-il pas aimer soit même comme on aime les autres ? Un truc comme ça !

L’ivresse étant une maîtresse infidèle, le lendemain je fus un peu honteux à mon égard. Je pris donc mon carnet de notes, et y versais l’encre de mon blues, de mon cœur, pour ne pas dire comme Francis « l’encre de tes yeux » ! Puisqu’on ne vivra jamais tous les deux, puisqu’on est seul et puisqu’ils sont si nombreux, tatatitatata….

Je m’en allai m’asseoir sur la terrasse d’un café entourée de végétation et me mis à méditer, le stylo suspendu en l’air entre mes doigts. Une sorte de brouillard s’est peu à peu installé, j’écoutai le vent comme me l’avait apprise Bashuna. Un sucrier me fit sa révérence en échange d’une cuillerée de sucre que j’allai déposer sur la rambarde qui délimitait la terrasse. Une corneille de sa voix railleuse et croassant, me traita de pauv’con. Je ne relève pas. Elle partit à tour d’ailes. Le chat de la maison vint m’offrir un lézard sanguinolent. Merci petit chat et mes yeux se portèrent sur le paysage qui s’étalait jusqu’aux mornes bleutés. Une «Femme couchée », celle du morne Larcher m’attendait peut-être depuis des millénaires. -Toi non plus tu ne t’es réveillée sous mes souffles-caresses, mes mots d’amour, mes « mogoudou » (de l’africain : des mots au goût doux). Que veux-tu, de notre désamour est né Souvenir. Une fille qui me berce de mes rêves ! Adieu Anasthasia…



16. QUAND SOUDAIN CHERCHANT MA CHIMÈNE.

Sept minutes pour savoir, si ce soir, tu vas « tirer ton coup ». Je serais curieux de voir les dessous de la speed-dating. Je soupçonne un peu, que derrière le masque de la rencontre, il est aussi de la prostitution déguisée. Ni mic, ni mac, mais il y en a bien un ou deux, qui se sucre au passage. Les agences matrimoniales, sont des bordels ! Maintenant tout le monde le sais, n’est-ce pas ? Le speed-dating, je le crois aussi. Une façon « d’héberger » une prostitution et contourner la loi. Je ne suis pas contre, comme tout ce qui a rapport avec le sexe, mise à part la pédophilie. Mais faisons le sous forme de forum ouvert de 7 ans à 77 ans. Les vrais âmes seules, les désespérés (es), auront moins de déceptions. Utiliseront-ils (elles), certainement une autre filière, qui serait plus adapté à leurs attentes. Car il est évident que ni en sept minutes, ni en sept semaines, nous serions fixés sur la compatibilité sentimentale, affective, intellectuelle, d’un individu. Certes vous allez me dire qu’il y a de vrais rencontres, avec mariages au bout. Idem pour les agences matrimoniales, idem, pour les rencontres Internet ! Ce qui serait intéressant, c’est d’établir une statistique sur le pourcentage des couples constitués lors des speed-dating et qui dépassent la période butoir des deux ans et demi, chiffre qu’à émise une société de gestion des statistique nationales, sur le plan national, des couples mariés depuis les trois dernières années. Puis comparer. -Un couple sur trois divorce avant la fin des trois années de vie commune ! Incroyable non ?

-Putain de merde qu’il est loin le temps des « baloches » ! Il serait temps de refaire vivre les bals du samedi soir, c’était quand même plus sain ! On ferait d’une pierre trois coups. Un, les rencontres dans un contexte familial, (puisqu’on y allait au bal en famille), deux on renflouerait la caisse des petites communes (institution communale), trois, du boulot pour les intermittents ! J’en ai connu lorsque j’étais plus jeune, en Alsace, dans le Pas-de-Calais, à part de temps en temps quelques bagarres, ça se passait plutôt bien. Laissons la nostalgie de côté.

Mais je ne comprends, toujours pas pourquoi en France, les « maisons closes » furent interdits. Un bien pour un mal, j’en doute. -A quand une femme pour chaque mâle ! Il n’empêche que je vois bien les enseignes : « Ici le Paradis », « l’Eden », L’univers de la Chatte » etcetera, etcetera. Maintenant que le Vatican, prend part dans les débats sur la sexualité de ses agneaux ! Que les voies du Seigneur sont plus pénétrables avec une capote, qu’attend-on pour ouvrir les bordels ? Je suis sûr que j’aurais pu trouver ma Chimène, mon âme sœur, car elles savent se donner, s’offrir ou se vendre. J’ai toujours dit que si j’avais été une femme, j’aurais été une grande courtisane, ou une grande pute, c’est comme vous voulez ! « -Ce qui est sûr aussi c’est plus facile de devenir riche avec son cul que d’avoir du cul de devenir riche ! »

C’est vrai ce fut un peu brouillon, mais c’est comme toutes les histoires de culs. Mais n’est-ce pas mon histoire, ma vision, mes expériences, mes doutes, et le reste que j’étale dans ces pages. J’espère donc ne froisser personne sauf ceux qui le seront évidemment…



17. MÉNAGE DANS L’ATELIER.

Six mois sabbatique, une victoire sur le système d’esclavagisme moderne. Qui consiste à licencier un employé avant l’échéance de ses congés payé. C’est-à-dire au bout du dixième ou du onzième mois. Alors on vous cherche des poux. « Quand on veut se débarrasser de son chien, on dit qu’il a la rage. Depuis presque une dizaine d’années ce fut ainsi. Heureusement je ne suis pas un fainéant et pour m’abattre il m’en faut pas mal ! Mais là j’ai décidé de faire un break. Six mois pour m’adonner à mes loisirs, peinture sculpture, poterie, écriture, et aussi ne rien faire ! –Rêver est un luxe, qui demande un minimum d’aisance financière, tout au moins de quoi bouffer. Se nourrir spirituellement c’est bien mais tant qu’on peut se mettre quelque chose dans l’estomac. –« Chien affamé, n’a pas d’oreilles ! » dit le dicton. C’est bien pour cela que la culture appartient encore à une élite de la société, mais si l’instruction est démocratisée. En passant il faut saluer « Ici Paris », « Paris Match » et toute cette presse populaire pour leur prix modique. Pour apprendre à lire, il faut d’abord regarder les images ! Maudire les auteurs dit classique, pour le prix exubérant des livres, alors qu’ils sont morts ! Pour ce qui n’est pas dit dans ces lignes, je vous laisse juge.

-Qu’importe où je me classe pour vu que je puisse ouvrir ma gueule ! Une brèche dans la littérature. -Merci !

Il faut retourner au tapin. Certes ce n’est pas « les trottoirs de Manille » ! Mais il faut aller gratter pour un blaireau qui a investit son héritage, ou son tiercé gagnant, ou l’arnaque qui a bien fonctionné. Et vu qu’il est donné à monsieur- tout- le- monde de devenir restaurateur au pays de la gastronomie! Vu les avantages que ça apporte, ce serait bête d’investir ailleurs. Au lieu de graisser les pattes, on peut gaver les estomacs et personne n’y voit feu. Tiens, le préfet, le maire, le toubib, l’avocat et j’en passe. A part le pauvre prolo, qui se tape MC DO, en croyant que c’est la gastronomie à l’américaine et ce qui n’est d’ailleurs pas tout à fait faux, tout le reste de la populace, peut se payer un déjeuner ou dîner dans une brasserie. Ça fait connaître du monde, à ces pauvres cloches, qui au bout de la deuxième année, disparaissent comme ils sont venus. Alors imaginez faire carrière dans la même baraque ! Or il y a les relations ! Et ça, ça vaut son pesant ! Aussi bien pour le restaurateur de pacotille que pour moi. Mais avant, il faut que je fasse le ménage dans l’atelier. C’est un grand mot l’atelier. C’est partout dans la maison sauf la chambre à coucher.

Malgré leur inertie, et ses couches de poussières, j’aime ce bric à broc, qui est mon musée, mes inspirations, mes souvenirs, mes sentiments par exemple les portraits, souvent peints par une attirance quelconque, les figurines en terre cuite, les toiles, les objets artisanaux… toute une vie muette pour le commun des mortels, mais pas pour moi. Et puis je tombe, sur le sphinx fait de bois flotté et d’argile durcit à la colle, confettis de papier journal ; et dessus des couches d’huile de lin, et du vernis incolore en trois couches, plus une de vitrificateur. Un corps de lionne et le visage, inspiré d’une photo à tes vingt ans. Mon sphinx, toi qui renais, des cendres de notre amour, à chaque fois que mon regard se pose dessus. Ce n’est pas beau tout ça ! C’est peut-être un peu masochiste, j’en conviens, mais lorsque je l’ai modelé, au début de notre rencontre, je n’aurais cru qu’il serait là encore à m’accompagner. Et vois-tu le sphinx, est le sphinx ! Il renaît de ses cendres, dans ma pomme neuronale, dans les dossiers « souvenirs ». «* -Chak bêt a fé ka kléré pou nam yo », dit le proverbe créole, les souvenirs sont comme les lucioles, ils éclairent l’âme de celui qui se rappelle. Et puis c’est aussi où nous nous sommes rencontrés, le complexe hôtelier s’appelait « Les Lucioles »et notre premier baiser fut éclairé, par elles, *les bêt a fé ! T’en souviens-tu ? Peu importe ! Mais voilà comment les souvenirs s’imbriquent dans notre mémoire à partir d’un simple objet. Adieu Patty…

*chaque luciole éclair pour son âme

*les lucioles



18. « FOLIE DOUCE »

                 Heureux le fou dit-on ! Le tableau ici, c’est je pense qu’une folie douce s’est emparée de mon personnage qui depuis plusieurs jours, à la même heure passe sur le trottoir bordant une portion de la plage du Marin en bas de l’église. Il retend, un chapelet de chaînes entrecoupé, par des piquets en galva, délimitant la plage, néanmoins empêchant surtout les voitures de s’y aventurer. « Il est commun qu’un individu derrière un volant peut devenir un débile profond, surtout dans la gente masculine ». Donc il est tout à fait normal de préserver cette lande de sable blanc où vont chier les chiens en laisse et les chiens errants. L’administrateur serait un très grand futé, s’il n’avait pas la négritude qui lui collait au cul, comme une merde après avoir ingurgiter la dinde de noël ! Sans compter que ce plan d’eau accueille les bateaux en mouillage, qui déverse leur merde, ainsi que la mangrove où se déverse la merde de toute la ville où une partie et où encore est ouvert un club nautique, où pataugent nos chérubins. -Comme quoi la merde est bonne pour la santé publique ! Toute vérité n’est pas bonne à dire c’est pour cela qu’on va considérer que je n’ai rien dit !Une boucle ici, deux boucles là, plus loin trois boucles, prend du recul et continuât son chemin d’un air satisfait. Je lui donnai le surnom de Chen. Est-ce un bienheureux, dans sa folie douce, un cas psychiatrique à ses heures de liberté, à sa promenade quotidienne ? Je ne le sais ! -Un ami psychiatre m’avait un jour confié, qu’il avait dans son service une femme qui ne cessait de marcher, car elle pensait que si elle s’arrêtait, la Terre aussi cesserait de tourner. Et lui Chen quel était le but de sa démence ? J’imagine un trauma, dû à la perte d’un enfant en bas âge qui aurait pu passer par-dessus d’une rambarde de sécurité, ou bien sa femme franchissant un corps de garde quelconque où elle aurait trouvé la mort. -Triste non ?

Sur ces pensées, je quittais mon banc, et arrivant prés des chaînes, je me suis demandé s’il fallait détendre ce qu’il avait tendu. Or je me suis abstenu, ce n’était pas mon histoire ! Ne pas interférer lorsque le but ultime d’un individu est en cours !- C’était son karma, c’était écrit, dicté, gravé aux ailes du destin. Enchaîné à la pirogue de sa vie jusqu’à la grande traversée du Gange Sacré ! Qui j’espère n’as rien à voir avec son immondice terrestre, sinon je m’abstiendrais de crever !…

 

 

a. FOLIESQUEEncore un ! Non, ce n’est point un nouveau papillon pour ma collection. Enfin si, si la folie est un papillon qui nous pénètre ! -Alors tuons le papillon !En voici la description : -*Chapeau bakoua, pantalon pieds-de-poule, chemise à carreaux madras, et les fameuses sandales plastique du pêcheur créole. Une démarche de celle que chante Renaud (-oui le même) dans la chanson « La blanche », mais oui ! –T’as les joues creuses, les mains calleuses, et la démarche un p’tit peu chaloupeuse !

Alors je vais l’appeler Michel mon quidam ! La gnole a été remplacée par le rhum. En voici le court métrage. Michel titube, s’arrête, titube s’arrête, titube s’arrête et cette fois-ci s’écrie : Piès ! Durant environ une vingtaine de minutes le même scénario, alors que je suis assis sur la banquette d’un taxico en attendant qu’il se remplisse pour partir. C’est ainsi que Michel tout en progressant je ne sais vers quelle destination «  bar, bar », attire mon attention. Plus ou moins bizarrement, je me mets à compter les intervalles comme l’on fait entre un éclair et le tonnerre, par temps d’orage. –Vous me croirez si vous voulez, mais il y a là, neufs secondes entre chaque fois que Michel s’écrie « *Pies ! ». Comme pour le tonnerre pour savoir s’il est prés ou bien s’il s’éloigne.

Alors comme pour Chen, je me mets à faire ma propre analyse de la situation. –CQFD mon cher Watson ! Primo tenue de marin pêcheur, secundo, rempli comme une barrique de rhum, tertio il s’écrit « pies » tous les neufs secondes. « Je déduis que Michel a essuyé un sacré orage lors d’une pêche et que la foudre est passée à raz de son embarcation, et qu’il a eu la frousse de sa vie, à se chier dessus » ! Maintenant chaque fois que la barrique est pleine, cet instant vient le hanter. Ce qu’on pourrait appeler un blocage ! –RAS mon cher Holmes ?- Si je ne m’abuse que la foudre me foudroie ! Salut Michel…

*Rien ! (Ou) Pas du tout ! Selon contexte.

 

 

b. LE SHOPPING-RHUM.

Cette histoire ce passe à peu prés dans le même contexte que l’histoire précédente. Je suis dans le taxico de Café, le surnom du chauffeur de la liaison entre le Marin et Sainte-Anne. C’est veille de jours fériés et jour du marché. Nombreuses matrones chargées de cabas assiègent le car. Café fait tourner le moteur, signe que le départ est imminent. Lorsqu’un individu titubant fit signe en direction du taxico pour monter à bord. Et comme des poules surprises par un renard voulant entrer dans le poulailler. Mé sé chopin wom i ka alé fey ! » Tout le monde a éclaté de rire est le petit car est reparti dans l’euphorie générale. Couleurs et vies des Antilles !

Elles se mirent à jacter. –Des raillerie pays, du cru : *I boulé, an rwomié ! Chacune sa remarque ! Jusqu’à ce que l’une d’elle avec un plus d’humour s’écria en créole «- *Pa kitey monté ! Sa pa Sainte-Anne i tevlé alé

L’AOC, rhum de la Martinique est récente, mais l’AOC *rhumiers ne date pas d’hier ! Elle a ses indépendantistes mais aussi ses dépendentiste au rhum. Et ce n’est pas demain la veille, que se sera abolit !

Sainte-Anne, une jolie petite commune qui fait penser à un petit village du midi de la France, tropicalisée. Je demande l’arrêt du taxico au niveau de la mairie, tenue par Garcin-Malsa. Un personnage incontournable de la politique martiniquaise, Sainte-Anne étant une des commune majoritairement indépendantiste. La petite place qui borde la mairie est accueillante, de là on peut y lire sur le fronton de la mairie deux banderoles. L’une où est inscrit : « Ici se construit la paix ». Politiquement c’est incorrect, mais le village est relativement calme certes. La deuxième banderole sur laquelle est inscrit : « L’avenir de nos enfants se construit dans la paix ». C’est original et rassurant. Je préfère de loin cette deuxième formule. Je suis en avance et donc j’ai pris une place sur les bancs en pierre face à l’église qui sont ombragés par d’immenses tamariniers. Je regarde sa façade, et là dans une corniche creusée dans le fronton, la statuette certainement de Sainte Anne tenant l’enfant Jésus dans ses bras et sur sa sainte tête un pigeon dormant, formant son auréole. C’est sûrement le Saint Pigeon ! Quelle Sainte Trinité : Anne, Jésus et Pigeon amen ! L’alizé soufflait de par la mer, frais et, je m’y sentis bien sous le regard de cette Vierge marginale qui dégageait une plénitude terrestre et humaine. Pour peu j’aurais bien piqué moi aussi un roupillon. Tchao !

 

                                     *Ne le laisse pas monter, ce n’est pas à Sainte-Anne qu’il veut aller mais boire du rhum dans les bars, le shopping rhum !

                                     *Buveurs de rhum.



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